L’Unité de la Trinité. A l’écoute de la tradition d’Israël

Le 15 décembre 2011

La foi en Dieu Un, Père, Fils et Saint-Esprit, est ce qui spécifie le christianisme par rapport au judaïsme et à l’islam. Les chrétiens savent que leur foi est un don de Dieu et qu’elle vise un mystère. On ne prouve donc pas le mystère de la Trinité ; on peut seulement l’éprouver et en avoir une certaine connaissance, limitée mais réelle, à partir des témoignages recueillis dans le Nouveau Testament et des enseignements de la Tradition de l’Eglise. Depuis le concile Vatican II, les catholiques, mais également les autres chrétiens, comprennent mieux que le Nouveau Testament et la Tradition de l’Eglise sont éclairés par ce qu’enseigne Israël sur l’Unité ineffable du Dieu Un et Unique. Dans son enseignement la Tradition d’Israël privilégie le langage commun et la sagesse populaire. A son écoute, un chrétien est invité à questionner et à discuter, bien davantage qu’à spéculer. Il apprend alors à valoriser la diversité des opinions et l’ouverture illimitée des débats sur le Dieu d’Israël, révélé, caché et sauveur (Is 45, 15).

Recension par Christoph THEOBALD, parue dans RSR 2011, n° 99/4 : L’ouvrage du frère Pierre LENHARDT, grand connaisseur des liens entre le judaïsme et le christianisme, sur l’Unité de la Trinité invite les lecteurs à réaliser, textes à la main, l’enracinement de la foi trinitaire dans la tradition juive, à la fois biblique et talmudique. Il commence donc par l’Unité de Dieu telle que l’enseigne la tradition d’Israël ; il aborde ensuite ce qui s’y trouve sur les nombres Un et Deux, sur le nombre Trois, sur les troisièmes, sur le Triades et expose ce qu’on y entend de l’Unité de Dieu et de sa présence dans le monde (appelée Shekinah) puis de l’unité de la Shekinah et de l’Esprit Saint (et/ou de la Voix céleste, appelée Bat Qol). Dans une troisième partie enfin, il aborde directement la foi trinitaire des chrétiens en lui donnant du relief par rapport à certains aspects de la tradition d’Israël. Le point de départ de chaque partie est néotestamentaire (Mc 12, 28-34 et Lc 3, 21sv ; 9, 28-36) ou enraciné dans la tradition de l’Eglise et la vie chrétienne – ce que Lenhardt appelle « recherche des racines » (ou « démarche analytique ») - ; mais l’écoute de la tradition d’Israël qu’il veut favoriser implique que celle-ci soit proposée dans son altérité –ce qu’il appelle « démarche synthétique ». Retenons l’extrême richesse des textes proposés ici, chaque fois introduits, traduits et commentés. L’auteur reconduit ainsi son lecteur vers le milieu vital qui fonde cette tradition : l’échange oral et le questionnement mutuel qui risquent de disparaître dans une vision unilatéralement spéculative de la théologie trinitaire. (Christoph THEOBALD, Bulletins critiques des Recherches de Science Religieuse, Tome 99/4, octobre-décembre 2011, p. 617).

L'Unité de la Trinité. A l'écoute de la tradition d'Israël