Improvisations sur l’Évangile – volume II (2006-2007)

Le 11 juillet 2009 , par Pierre Lenhardt

Les DIX IMPROVISATIONS (Printemps 2003) ont donné une idée de ce que peut faire entendre un passage de l’Évangile situé dans son contexte le plus sûr, le monde spirituel de la tradition pharisienne. Dans ces premiers essais j’ai surtout souligné la continuité dans laquelle Jésus s’insère et par rapport à laquelle se détache la nouveauté de ses paroles ou de ses actes.

Une exception cependant : le n° VI, L’Entrée à Jérusalem, p. 15-16. J’ai voulu montrer que ce passage, situé dans le contexte, pointe vers une nouveauté radicale : la réalité de Jésus comme Présence divine (Shekinah) dans son peuple et dans le monde. En relisant ce n° VI, je vois qu’il n’est pas convaincant. En effet le contexte que j’invoque ne parle pas de l’action de l’Esprit Saint sans laquelle nul ne peut reconnaître Jésus comme Présence (Shekinah). Je devrai reprendre plus tard l’entrée de Jésus à Jérusalem pour mieux cerner la nouveauté qu’elle enseigne. Je ferai ici encore jouer le va-et-vient dont nous avons parlé dans la première étape aux pages 31-32. Je partirai du Nouveau Testament, mouvement ‘analytique’, allant vers les sources juives qui éclairent la nouveauté. Ces sources, étudiées pour elles-mêmes, sont reprises dans un mouvement ‘synthétique’ qui revient au Nouveau Testament pour l’éclairer. Dans IMPROVISATIONS I, le va-et-vient permettait d’éliminer les ‘fausses nouveautés’ provenant de l’ignorance du contexte juif ou des faux et mauvais clichés qui le caricaturent. Dans les IMPROVISATIONS II il s’agira de montrer que la nouveauté est radicalement nouvelle. Elle provoque donc une rupture avec la continuité. Mais la nouveauté, pour être acceptée, doit être reconnue comme ce qui manifeste ce qui était caché dans la continuité antérieure (Cf. Mt 13, 52).

IMPROVISATIONS I et II complètent les études que j’ai écrites dans diverses revues et que le livre À l’écoute d’Israël, en Église, publié en mai 2006 aux éditions ‘Parole et Silence’, a rassemblé en partie. Les sept articles recueillis dans le livre partent tous des sources juives et des grandes réalités dont vivent les juifs selon leur tradition religieuse. La démarche ‘synthétique’ du livre fait entendre de nombreuses résonances avec le Nouveau Testament, avec la prière et la vie chrétiennes. Livre et ‘Improvisations’ proposent un certain nombre de repères qui invitent à poursuivre ‘l’inventaire du patrimoine commun’ aux juifs et aux chrétiens. Il est clair que le patrimoine commun, ainsi nommé par les chrétiens, n’impose aucunement aux juifs l’adoption de tel ou tel de ses composants. L’inventaire reste indéfiniment ouvert ; il n’aboutira pas à une ‘Théologie du Judaïsme’, ni a un commentaire comme l’immense et irremplaçable ‘Kommentar’ de Billerbeck. Il sera peut-être utilisable comme présentation rapsodique de la foi et de l’espérance chrétiennes en résonance avec la ‘Joie de la Torah’ (simhah shel torah) des juifs.

Dans IMPROVISATIONS I je n’ai traité d’aucun passage de l’évangile de Jean. J’ai pensé que cet évangile présente les actes et les paroles de Jésus dans une lumière qui transfigure leur réalité et rend difficile le discernement entre le nouveau et l’ancien. Dans IMPROVISATIONS II je traiterai de passages de l’évangile de Jean en essayant de montrer que la radicale nouveauté qu’ils présentent, pour être perçue et acceptée comme telle, a besoin de la continuité juive, tout spécialement pharisienne. Mais l’évangile de Jean n’est pas le seul à permettre cette considération. L’évangile de Luc la rend également possible.

Voici les passages que je traiterai : Jn 1, 1-14 ; 1, 14-18 ; 14, 1- 10. Lc 3, 21-22 ; 22, 14-20

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